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Assurance-vie · Transmission

Contrat d'assurance-vie : ce que votre clause bénéficiaire produira vraiment

Un contrat d'assurance-vie se joue en un seul paragraphe. Celui que vous avez signé contient sans doute deux ou trois formules d'usage dont les tribunaux ont donné une lecture différente de la vôtre.

Un principe clé

Le capital échappe à la succession — tant qu'un bénéficiaire existe

Quand la clause désigne quelqu'un, le capital ne passe jamais par votre succession : il va directement au bénéficiaire, qui est considéré comme y ayant eu droit dès la signature du contrat (C. assur., art. L. 132-12). C'est de là que vient tout l'intérêt de l'assurance-vie.

Mais si la clause désigne une personne qui n'existe plus, ou si elle est rédigée de telle sorte qu'aucun bénéficiaire n'est finalement désigné, le capital retombe dans la succession (art. L. 132-11) — avec la fiscalité des droits de succession, les héritiers et les délais qui vont avec.

Toute la valeur de l'assurance-vie tient donc à un paragraphe. C'est celui qu'on remplit le plus vite.

Les principaux chiffres

152 500 € d'abattement par bénéficiaire pour les primes versées avant soixante-dix ans : plus la clause désigne réellement de personnes, plus l'abattement total est élevé CGI, art. 990 I
30 500 € d'abattement global, tous bénéficiaires confondus, pour les primes versées après soixante-dix ans CGI, art. 757 B
0 € d'abattement si le capital retombe dans la succession : on applique alors le barème des droits de succession C. assur., art. L. 132-11

Six formules à vérifier

Ce qui est écrit, et ce que ça produit

Chacune de ces formules figure dans des clauses types largement diffusées. Aucune n'est fautive en soi, mais toutes produisent un effet que le souscripteur n'a généralement pas voulu. Les exemples chiffrés supposent des primes versées avant soixante-dix ans et un seul contrat.

« vivants ou représentés » Formule à proscrire

Ce que vous croyez. Si l'un de mes enfants n'est plus là, ses propres enfants prennent sa place, quoi qu'il arrive.

Ce que ça produit. La conjonction « ou » crée de l'incertitude : formellement, la représentation ne joue qu'en cas de prédécès. Si votre enfant vous survit mais meurt avant d'avoir accepté, ses enfants ne sont pas couverts (M. Leroy, Ingénierie Patrimoniale n° 3-2026).

Contrat de 600 000 €, deux enfants

Votre fils vous survit six mois et meurt sans avoir accepté. Il laisse deux enfants.

Sa moitié peut accroître la part de votre fille au lieu de descendre à ses enfants.

Si les trois reçoivent, chacun a son abattement de 152 500 € : 28 500 € de prélèvement en tout.

Si tout revient à votre fille, il n'y a qu'un seul abattement : 89 500 €.

61 000 € d'écart, et deux petits-enfants oubliés.

« par parts égales » Des parts figées

Ce que vous croyez. C'est une simple règle de partage entre les membres d'une catégorie.

Ce que ça produit. La Cour de cassation considère que cette mention crée autant de désignations distinctes qu'il y a de bénéficiaires, y compris quand ils sont désignés par qualité — « mes enfants ». La part de l'un ne revient donc pas automatiquement aux autres : elle peut être transmise à ses propres héritiers (Cass. 2e civ., 27 nov. 2025, n° 24-12.679).

Contrat de 400 000 €, deux enfants

Votre aîné décède après vous sans avoir accepté. Il était marié, sans enfant.

Sa part de 200 000 € ne revient pas à son frère : elle tombe dans sa propre succession.

Votre cadet reçoit 200 000 €, votre belle-fille les 200 000 € restants.

« à défaut, mes héritiers » Clause hiérarchisée

Ce que vous croyez. Si le premier bénéficiaire n'est pas là, on passe au suivant. Simple.

Ce que ça produit. Lorsque le bénéficiaire de premier rang meurt après vous sans avoir accepté, le droit d'accepter n'est en principe pas transmis à ses héritiers : il revient aux bénéficiaires subséquents, sauf si vous l'avez expressément prévu autrement (M. Leroy, op. cit.).

Contrat de 500 000 €

Premier rang : votre conjoint. Second rang : vos enfants.

Votre conjoint vous survit trois mois et meurt sans avoir manifesté sa volonté d'accepter.

Le droit d'accepter n'est pas transmis à ses héritiers.

Les 500 000 € vont à vos enfants ; les enfants d'un premier lit de votre conjoint ne reçoivent rien.

L'usufruitier décède avant vous Clause démembrée

Ce que vous croyez. Mon conjoint reçoit l'usufruit, mes enfants la nue-propriété. Si mon conjoint disparaît, mes enfants reçoivent tout.

Ce que ça produit. Presque aucune clause type ne le dit. La désignation de l'usufruitier est présumée faite sous condition de son existence au jour de l'exigibilité (C. assur., art. L. 132-9, I) : elle devient caduque. Reste à savoir si les nus-propriétaires reçoivent la pleine propriété, ou si l'usufruit échoit aux bénéficiaires de second rang.

Contrat de 800 000 €

Usufruit au conjoint, nue-propriété aux deux enfants. Le conjoint décède avant vous.

Si les enfants recueillent la pleine propriété : 400 000 € chacun, 99 000 € de prélèvement au total.

Si l'usufruit échoit au second rang : ils ne reçoivent que la nue-propriété, valorisée selon l'âge.

Votre clause ne dit pas laquelle des deux. 800 000 € suspendus à une lecture.

« mon conjoint, non divorcé » Formule incomplète

Ce que vous croyez. Si nous sommes séparés, il ou elle ne touchera rien.

Ce que ça produit. Le divorce n'est prononcé qu'à la fin. Entre la séparation de fait et le jugement, la clause continue de désigner votre conjoint. La formule doit viser la séparation de corps et l'engagement dans une convention ou une procédure de divorce au jour du décès (M. Leroy, op. cit.).

Contrat de 300 000 €

Vous décédez pendant la procédure, avant que le divorce ne soit prononcé.

Vous n'êtes pas divorcé : la clause désigne toujours votre conjoint.

Il reçoit 300 000 €, exonérés de tout prélèvement. Vos enfants : 0 €.

Le conjoint qui n'ose pas refuser Famille recomposée

Ce que vous croyez. Mon conjoint est protégé : il reçoit en premier, mes enfants ensuite.

Ce que ça produit. Quand le conjoint renonce, sa renonciation profite aux bénéficiaires de second rang — vos enfants. Si ce ne sont pas les siens, il se trouve obligé d'accepter pour ne pas léser son propre enfant. La clause le protège en le privant, en fait, de sa liberté de refuser (M. Leroy, op. cit.).

Contrat de 500 000 €

Usufruit à votre conjoint, nue-propriété à vos deux enfants d'un premier lit. Votre conjoint a lui-même un enfant.

S'il renonce, les 500 000 € vont à vos enfants, et le sien n'a rien.

Il accepte donc, contre son gré. La clause qui devait le protéger l'a privé du choix.

Une dernière chose, souvent ignorée : l'acceptation du bénéficiaire, une fois donnée dans les formes légales, rend la désignation irrévocable et vous prive de votre faculté de rachat sans son accord. Après votre décès, l'acceptation est libre (C. assur., art. L. 132-9) : c'est ce qui rend le scénario du décès d'un bénéficiaire avant acceptation si fréquent, et si mal réglé.

Pourquoi nous

Ce n'est pas un formulaire à remplir

Votre assureur vous vend un contrat. Votre banquier place une épargne. La clause bénéficiaire, elle, est un acte juridique qui produira ses effets une seule fois.

Ce que la clause type ne peut pas voir

  • Votre régime matrimonial et ses avantages
  • Vos donations déjà consenties et leur rapport
  • L'existence d'enfants d'une première union
  • Le reste de votre patrimoine et sa liquidité
  • Les autres contrats, souvent rédigés différemment
  • Ce que vous voulez vraiment, qui n'est presque jamais « à parts égales »

Ce qui se joue en cas d'erreur

  • Un capital qui retombe dans la succession et perd ses abattements
  • Un bénéficiaire que vous n'aviez pas choisi
  • Un conjoint contraint d'accepter, ou privé de ses moyens
  • Un contentieux entre bénéficiaires, trois ans après
  • Une clause que plus personne ne peut corriger

Ce que nous apportons

  • Une lecture technique, référence par référence
  • La cohérence entre tous vos contrats
  • L'articulation avec le régime matrimonial et la succession
  • L'anticipation de ce que votre assureur risque de refuser, et pourquoi

Notre offre

Un forfait, annoncé d'avance

Montant hors taxes, arrêté avant que notre analyse débute et écrit dans la convention d'honoraires. Le forfait s'entend par contrat.

Relecture et rédaction de votre clause bénéficiaire

Un forfait par contrat, livré sous une semaine.

1 000 €HT · par contrat

Ce que nous faisons

  • Un entretien de cadrage sur vos objectifs réels
  • Lecture de la clause du contrat
  • Analyse au regard de votre situation familiale, de votre régime matrimonial et de vos donations antérieures
  • Identification des effets que vous n'avez pas voulus
  • Rédaction sur mesure de la clause corrigée

Ce que vous recevez

  • La clause rédigée, prête à déposer auprès de votre assureur
  • Une note écrite et sourcée expliquant chaque choix
  • Les risques de la clause actuelle, classés par gravité
  • Les points sur lesquels votre assureur peut opposer un refus
  • Sous une semaine après réception des pièces

Ce qui n'est pas compris : le dépôt de la clause auprès de votre assureur et les échanges avec lui, que vous conservez. Ne sont pas compris non plus la rédaction d'une convention de quasi-usufruit, l'audit complet d'une succession, et la représentation en cas de litige entre bénéficiaires : ces missions font l'objet d'un forfait distinct, annoncé avant d'être engagées. Le forfait n'inclut aucune promesse de résultat : nous nous engageons sur un travail, pas sur la décision d'un juge ou d'un assureur.


Six questions, deux minutes

Répondez, laissez votre adresse, et nous vous disons sous 24 heures ouvrées si votre clause appelle une correction — et laquelle.


Une clause écrite il y a dix ans ?

Elle produira ses effets une seule fois, et vous ne serez plus là pour la corriger.

1 / 6

Votre clause contient-elle les mots « vivants ou représentés » ou « par parts égales » ?

Ce sont les deux formules les plus répandues, et les deux dont les tribunaux donnent une lecture inattendue.

Votre clause est-elle démembrée ?

C'est-à-dire : l'usufruit au conjoint, la nue-propriété aux enfants.

Votre famille est-elle recomposée ?

Ou : l'un de vos bénéficiaires n'est pas l'enfant de votre conjoint.

Combien de contrats d'assurance-vie détenez-vous ?

L'erreur la plus courante n'est pas dans une clause isolée : elle est dans la contradiction entre deux clauses écrites à dix ans d'intervalle.

Quand la clause a-t-elle été écrite pour la dernière fois ?

Un divorce, un remariage, une naissance ou une donation suffisent à la rendre inadaptée.

Un bénéficiaire a-t-il déjà accepté le bénéfice d'un contrat ?

C'est la question décisive : une fois l'acceptation donnée, la clause ne peut plus être modifiée sans l'accord du bénéficiaire.

Répondez aux six questions ci-dessus, puis laissez vos coordonnées dans le formulaire juste en dessous en indiquant vos réponses. Nous revenons vers vous sous 24 heures ouvrées.

Vos informations sont couvertes par le secret professionnel. L'envoi de ce formulaire ne crée pas de relation client : celle-ci ne naît qu'à la signature d'une convention d'honoraires.